Archive for June, 2019

Platje de Fornells – La bague – Juin 2019

June 20, 2019

Plage de Fornells
Le vieil homme fait quelques pas dans l’eau, manquant de perdre l’équilibre sur le fond caillouteux. Sa compagne est assise sur une chaise pliante, le nez plongé dans un livre. L’homme renonce finalement à la baignade et revient s’assoir à côté de sa femme.
Quelques instants plus tard, il vient nous dire qu’il a perdu son alliance lorsqu’il tentait d’aller dans l’eau. Je fais une tentative de recherche en compagnie d’un jeune touriste français, mais sans succès. L’eau n’est pas profonde à cet endroit mais ce n’est pas facile sans masque ni tube. Le fond est couvert de gravier et il n’est pas facile de distinguer une bague en or. Il faut sans arrêt refaire surface pour prendre de l’air. Nous abandonnons après une quinzaine de minutes.
Nous apercevons alors un jeune nageur muni d’un masque et d’un tube et l’appelons à la rescousse. Après à peine une minute il réapparait triomphant, le bras en l’air tenant la bague entre le pouce et l’indexe. Un véritable miracle. Le vieil homme est aux anges et se fond en remerciements. Nous applaudissons.
Et pendant ce temps sa femme est impassible, toujours plongée dans son bouquin, totalement désintéressée. Cette affaire de bague est apparemment pour elle de l’histoire très ancienne.

En route vers le sud : le contournement de Paris – Juin 2019

June 20, 2019

Amsterdam – Begur
En route vers le sud. Après la Belgique nous traversons la Normandie. Nous roulons bien, sans problème. Un TGV nous dépasse en trombe alors que nous roulons à 130km/h. Vers 17:00 heures nous approchons de Paris que nous devons contourner par l’est. Passé l’aéroport Charles de Gaulle le trafic se densifie sérieusement. Le GPS annonce un bouchon, suite à un accident. Le flux ralentit sérieusement et après quelques kilomètres nous roulons au pas, sur trois colonnes. C’est le bouchon. Nous sommes sur la voie de gauche, les motos passent rapidement, nous dépassant par la droite. Je les aperçois chaque fois au dernier moment et je sers le plus possible sur la gauche afin de leur laisser un maximum d’espace. Nous parcourons les quelques kilomètres qui nous séparent du périphérique en plus de 30 minutes. A l’approche de la jonction c’est le pas cadencé : 5 mètres ; arrêt ; 5 mètres ; arrêt ; etc. Il fait chaud, nous baissons les vitres pour prendre l’air : Wanda ne supporte pas l’air conditionné. Le temps est très lourd, l’orage approche.
Sur la bretelle, juste avant la jonction, au bord de la chaussée, un homme muni d’une canne fait la manche avec sa casquette. Le chauffeur du camion sur notre droite entre en conversation avec lui. Ils parlent apparemment le turque. Le mendiant marche en boitillant, poursuivant sa discussion avec le camionneur qui roule au pas. A droite, dans la zone en pente broussailleuse et boisés séparant les branches de l’échangeur, nous apercevons un campement, entre les arbres, fait de tentes installées sur ce qui semble être une structure en bois permettant de niveler l’installation. Nous apercevons des femmes et des enfants qui s’affairent. De toute évidence une communauté de réfugié sans-toits à laquelle appartient sans aucun doute notre mendiant. Vision dantesque qui me rappelle, bien qu’en plus petit, un tableau similaire observé il y a une dizaine d’années de cela à Lagos, au Nigeria, ou j’ai pu observer un bidonville installés sous le pont d’une autoroute, en pleine ville.
Nous avançons toujours au pas sur la boucle et nous perdons bientôt de vue cette apparition surréaliste que nous n’aurions probablement même pas remarquée en temps normal de trafic fluide.
Nous sommes finalement sur le périphérique que nous devons emprunter sur quelques kilomètres avant de filer vers le sud. Nous avançons toujours au pas, un autre accident a été signalé à 2000 mètres. Les motos sont très nombreuses, nous dépassant sur la gauche, ce qui me permet de mieux les voir venir dans le rétroviseur. Elles passent les unes après les autres, dans un bruit assourdissant, m’obligeant à remonter ma vitre. Devant nous, une des motos effleure une voiture, la touchant presque. Le motard retourne la tête et fait un signe du bras, enjoignant l’automobiliste à serrer plus sur la gauche.
Soudain quelques gouttes sur le pare-brise et bientôt une trombe d’eau tombant du ciel. Un rideau de pluie nous cache la vue, le pare-brise se couvre vite de buée, nous n’y voyons plus à 5 mètres et je dois me repérer à l’aide des feux arrières du véhicule nous précédant. Heureusement que cela roule lentement. Mais les motards continuent à passer en trombe, provoquant des nuages d’eau. Hallucinant.
Bientôt un tunnel, nous quittons le périphérique, direction Orly et le sud. L’orage tropical s’estompe, le trafic se fluidifie, nous nous détendons. tout retourne à la normale. Le contournement de Paris nous aura pris plus de deux heures. Et maintenant en route vers le sud.